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Giuseppe Maurizio Scutellà

*1962

L’émotion comme moteur d’un design innovant

Giuseppe Maurizio Scutellà s’est forgé un nom dans le monde du luminaire design grâce à son phénoménal succès avec la Pirce Sospensione, issue de l’azienda de design italienne Artemide. Entre-temps, il conçut toute une famille de luminaires à partir de sa Pirce, sous la forme entre autres d’une applique, la Pirce Parete, et d’un plafonnier, le Pirce Soffitto. Par ailleurs, ce designer industriel d’expérience est connu pour ses créations d’objets pour la maison, fabriqués par plusieurs grandes marques. Une de ses matières de prédilection est le plastique, comme on peut le voir également avec la réalisation du lampadaire Alcatraz, la tête de lampe de forme élégante étant composée de ce matériau moderne. Toutes les œuvres de Scutellà se caractérisent par l’habitude qu’ils ont de discourir avec l’observateur sur le plan de l’émotion et de dégager, de ce fait, un charme bien particulier.

Pour compléter d’autres informations sur ce style particulier, nous vous invitons à en découvrir quelques détails intéressants partagés par le designer dans notre interview exclusive light11.

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Giuseppe Maurizio Scutellà est un designer industriel expérimenté, spécialisé, dès l’obtention de son diplôme en mécanique industrielle, dans le secteur du moulage et de l’injection plastique. Dans ce domaine, il fut designer en chef de projet pour un grand nombre d’entreprises renommées. Parmi celles-ci, on compte des marques reconnues au niveau mondial comme Kawasaki, Mercedes, et Ducati. Aujourd’hui, Giuseppe Maurizio Scutellà travaille comme artiste, poète et designer free-lance, créant autant pour le secteur des biens ménagers que des luminaires.

Giuseppe Maurizio Scutellà coopère donc avec des marques spécialisées dans les objets de la maison, comme Mepra, Bialetti et Pandora Design ainsi que pour un fabricant de luminaire italien parmi les plus célèbres : Artemide. Dans son travail, il suit l’adage qui veut que l’émotion soit une partie aussi importante d’un bon design qu’une éthique forte du travail. Cette pensée sert de fil rouge à l’ensemble de ses réalisations, et se retrouve donc tout naturellement dans ses luminaires. Celui-ci associe un design intelligent, une matérialité innovante et un langage formel émotionnel ne laissant aucun observateur de glace.

Un exemple de coopération entre Scutellà et Artemide est la famille Pirce, d’autant plus réussie qu’elle remporta en 2008 un Good Design Award du Chicago Athenaeum, puis, en 2009, le célèbre Red Dot Award et encore, en 2010, l’iF Product Design. Les luminaires de la Série Pirce se distinguent tous par une composition de formes expressive et fascinante à la fois. Ils se composent d’une unique pièce d’aluminium fine et circulaire, découpée au moyen d’un laser afin de lui donner la forme de différents segments annulaires ; chacun des segments de la suspension ou du plafonnier restant associé à l’autre dans le but de rappeler quelque peu les anneaux de Saturne exécutant, à portée d’homme, une danse imaginaire.
 

La Pirce de Giuseppe Maurizio Scutellà Pirce – une famille de luminaires primée aux effets de lumière fascinants

En tant que Pirce Sospensione et Pirce Soffitto, les luminaires Pirce de Scutellà convainquent par un effet de lumière unique. Celui-ci provient de la vasque située à l’extrémité basse du luminaire abritant un tube halogène puissant qui projette sa lumière directement vers le plafond, cependant que ses rayons heurtent chacun des segments qui les réfléchiront dans la pièce. C’est pourquoi cette suspension et ce plafonnier de la marque design Artemide peuvent fournir à une pièce une lumière ambiante indirecte et générale.

En plus de ces modèles pour le plafond, Giuseppe Maurizio Scutellà déclina en une version murale – la Pirce Parete –, réduisant alors à l’essentiel le design caractéristique des segments annulaires : un anneau unique avec une vasque, positionnée à angle droit par rapport à lui et abritant l’ampoule. Cette version de la Pirce se distingue également par une sortie de lumière indirecte et ravissante produisant ainsi une ombre marquante sur le mur.

Bien que la série Pirce soit équipée de LED, cette variante moderne et écoénergétique promet une lumière aussi brillante que les modèles équipés d’une ampoule halogène. Giuseppe Maurizio Scutellà lui-même, tout d’abord sceptique quand Artemide lui demanda d’équiper la Pirce de LED, avoua être convaincu de la belle qualité de lumière ainsi obtenue. C’est ce qu’il nous confia lors de l’interview qu’il nous consacra. Avec un rendu des couleurs excellent d’une valeur de Ra=95, l’œil est en effet incapable de remarquer la moindre différence entre la lumière issue d’une LED et celle d’une ampoule halogène.


Dernier forfait de Giuseppe Maurizio Scutellà : le lampadaire Artemide Alcatraz

Avec l’élégant Alcatraz, qui vit le jour en l’année 2011, Scutellà utilisa son expertise du façonnage de la matière plastique. La tête de lampe à la forme pour le moins impressionnante se démarque par un diffuseur en polycarbonate de grande qualité. Tel une goutte, celui-ci se bombe vers le bas de façon organique et donne à la matière l’impression d’être fluide. Détail intéressant à relever : l’Alcatraz illumine, aussi bien par le haut que par le bas, une lumière non aveuglante à diffusion égale. Pour ce faire, il n’a besoin que de 58 watts pour atteindre un flux lumineux de 4 100 lumens, correspondant pratiquement à la puissance d’une ampoule à incandescence de 300 watts. C’est ainsi qu’il est capable, seul, d’éclairer l’entièreté de la pièce et ainsi de préserver l’environnement et nos ressources naturelles.

 

Giuseppe Maurizio Scutellà – notre entretien avec le designer

Euroluce, la plus grande foire pour l’éclairage design, se tient tous les deux ans à Milan. Pendant la dernière édition de 2015, nous avons pu rencontrer plusieurs designers. Une rencontre particulièrement intéressante nous attend au stand du fabricant de premier ordre dont le siège se trouve en Italie, Artemide. En effet, le designer Giuseppe Maurizio Scutellà, créateur de la famille de luminaires Pirce, tant appréciée, nous y attend.
 

L’entretien avec Giuseppe Maurizio Scutellà
 

« Un luminaire ne produit pas seulement de la lumière, il « habite » notre maison, devient une partie de nous-même, et éveille des émotions en nous tout en restant éteint. »

light11 : Monsieur Scutellà, c’est un plaisir pour nous de faire votre connaissance lors de cette Euroluce. Nous vous remercions de nous consacrer un peu de temps. Notre première question aura pour sujet votre parcours personnel. Y a-t-il eu dans votre vie un moment particulier qui vous a fait vous décider pour la carrière de designer ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Le dessin est toute ma vie. Je crois que cela m’a été donné dès le berceau en quelque sorte. J’ai fait mes premières expériences dès mon adolescence. À cette époque, j’étais fasciné par les Marvel Comics et je m’entraînais à dessiner les personnages. Après ma scolarité, j’ai choisi de poursuivre mes études dans le domaine de la mécanique industrielle. Cela correspondait déjà à mes envies, mais je devais quand même continuer à dessiner. Pendant la nuit, après avoir terminé mon travail, je travaillais encore et toujours à des idées de créations et à des esquisses.

La rencontre avec Angelo Mangiarotti en 1986 a été un moment clef de ma vie. Selon moi, Mangiarotti représente un des plus grands designers de notre temps. Cette rencontre éveilla définitivement en moi une passion pour le design. Cette expérience me décida à suivre ses pas.

Dès le début cependant, c’est la question de l’éclairage qui m’intéressait le plus. La lumière évoque plus de passion, plus d’émotion que n’importe quels ustensiles de cuisine que j’ai aussi eu l’occasion de créer. Un luminaire ne produit pas seulement de la lumière, il « habite » notre maison, devient une partie de nous-mêmes, et éveille des émotions en nous même en restant éteint. Quel est le degré d’émotion qui se cache par exemple dans le diffuseur qui peut être fermé de l’Artemide Eclisse ? Un variateur serait capable de produire le même résultat, mais pas la même magie. À mon avis, la lumière a aussi toujours quelque chose de magique.

 
light11 : Vous avez évoqué votre rencontre avec Angelo Mangiarotti. Parmi ses réalisations, laquelle à votre préférence ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Le caractère particulier de ses objets. Avant d’être designer, il a été sculpteur, et il a donc toujours combiné dans son design les formes adéquates au point d’en faire des sculptures. Son luminaire Lesbo pour Artemide est un travail sculptural absolument magnifique qui reprend toutes ces influences. Ses meubles de cuisine en marbre constituent pour moi une étape importante et font partie des objets de design les plus importants de notre temps.

light11 : Quel designer vous a encore influencé ? Avez-vous d’autres mentors ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : J’apprécie les maîtres du Bauhaus comme Walter Gropius, Josef Albers, Marcel Breuer avec ses fascinants meubles constitués de tubes. Les travaux de Ludwig Mies van der Rohe et d’Hans Theo Baumann, qui reprennent le design organique d’un Alvar Aalto, me passionnent également.

Et bien sûr, les maîtres du rationalisme italien, comme Achille Castiglioni, Gio Ponti, Gae Aulenti ou Enzo Mari, sont une grande source d’inspiration pour moi. Les travaux ironiques de Bruno Munari m’interpellent aussi. Munari était un designer brillant dont les œuvres n’ont rien de comparable. J’ai aussi toujours adoré ses livres. Ils offrent un regard sur le futur, un regard permettant de voir à quoi ressemblera le design dans dix ans. Il existe aujourd’hui de nombreux designers importants, mais je découvre rarement des formes qui ne ressembleraient pas en partie à ce qu’aurait déjà réalisé Munari.

Personnellement, je différencie grossièrement certains types de designers : il y a ceux qui savent communiquer une idée sans qu’elle accentue trop la forme, comme Castiglioni, ce qui fait que ses travaux resteront toujours d’actualité. Ensuite, il y a le type de designer qui donne de façon unique à une idée une expression propre à la forme, comme Angelo Mangiarotti. Pour finir, il y a le type ironico-malicieux, comme Bruno Munari.

« …Bruno Munari est celui qui m’inspire le plus. »

light11 : Vous avez parlé plusieurs fois de Bruno Munari comme un exemple. Est-ce que vous le définiriez comme votre plus grande inspiration ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Oui, Bruno Munari est celui qui m’inspire le plus. C’est un artiste ironique, ses travaux montrent ce caractère sculptural. C’est un mélange tout à fait personnel, un style qui lui est vraiment propre.

J’aime aussi beaucoup Castiglioni. C’est lui en fait qui m’inspira la première fois le design d’un luminaire. Une des premières œuvres que j’ai connue de lui était la Parentesi, composée uniquement d’un câble et d’un tube métallique avec un spot. Ma première pensée a été : je n’aime pas cette lampe ! Après un temps, je l’ai « redécouverte » et j’ai constaté : c’est la lampe parfaite pour toutes sortes de fonction. Elle ne possède pas de position première, mais c’est une lumière mobile, un peu comme un soleil, si vous voulez. J’aime la mise en pratique de ce concept minimaliste : créé avec des lignes claires, mais rempli d’émotions.
 

light11 : Est-ce que la réinterprétation de la Parentesi de Konstantin Grcic, la OK Lamp, vous plaît ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Oui, elle me plaît, mais elle n’est pas le tout premier hommage à la Parentesi. Je me souviens que j’aime aussi beaucoup la Hot Achille d’Ingo Maurer. OK de Konstantin Grcic est vraiment une bonne interprétation de ce concept, et son minimalisme s’adapte parfaitement à notre époque. Mais personnellement, il y a une telle émotion dans l’original de Castiglioni, que, pour moi, la Parentesi restera l’exécution que je préfère de ce concept particulier.

« Nous sommes la somme de nos expériences. »

light11 : Vous avez évoqué les maîtres du Bauhaus. Quels sont encore les époques ou les styles qui influencent vos réalisations ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Nous réunissons la somme de nos expériences. Les histoires, les lieux où nous habitons, qui nous accompagnent dans notre vie, font ce que nous sommes. Notre perception individuelle, nos filtres personnels ont au final leurs effets propres. Quelqu’un me disait un jour que nous, les Italiens, nous vivions dans un réceptacle d’histoire, d’art et de styles innombrables que nous nous approprions pratiquement par osmose. Je pense que ce n’est vrai qu’en partie. Certains vivent toute leur vie dans un endroit magnifique sans en percevoir la beauté pour autant. D’autres, au contraire, ne découvriront la beauté de quelque chose qu’au bout de quelques instants seulement. Je crois que la beauté peut être découverte partout, on doit juste être attentif et ouvert à elle.

Personnellement, j’aime beaucoup l’architecture classique. Je suis né en Sicile qui est pour ainsi dire un musée d’art en plein air, représentant l’antiquité grecque au baroque. Mais j’aime aussi le Bauhaus que je considère comme le berceau du design contemporain. L’ère Bauhaus est pour moi le premier exemple qui mit les designers sur le devant de la scène, le premier jalon, en un sens, du design produit moderne. À la suite du Bauhaus, se sont développés encore quelques courants dans d’autres pays, parfois limités à certaines régions ou villes. Particuliers à certains pays, certains courants propres du design m’ont toujours fortement intéressé, comme le rationalisme d’Achille Castiglioni, dont on a déjà parlé. Le design moderne possède ainsi plusieurs lieux de naissance, si vous préférez. Une autre source d’inspiration est la sculpture que je considère comme complémentaire à l’objet lampe. Une sculpture « vit » de lumière et d’ombres.

 

« …je considère mon style comme le creuset de toutes mes expériences et impressions. »

light11 : En conséquence, vous considérez votre style comme une fusion de toutes les influences que nous avons passé en revu ensemble ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Oui, je considère mon style comme le creuset de toutes mes expériences et impressions. Vous savez, de nos jours, se retrouvent un nombre incalculable de styles. Quand on fait un tour dans le Salone del Mobile, c’est comme parcourir l’histoire du design. Tout s’y retrouve : l’exalté, le minimal, l’émotionnel – il y a donc autant de chemin pour réaliser ses propres idées. Pour moi personnellement, c’est particulièrement la conception d’un luminaire qui a toujours été un sujet extrêmement émotionnel. Un luminaire est bien plus qu’un objet. Il doit bien sûr en avoir la fonction, développer un effet esthétique, mais en plus il doit aussi par sa lumière apporter quelque chose à son observateur. C’est la raison pour laquelle j’essaie toujours d’associer l’émotion à mon design.

Par ailleurs, le design se retrouve dans un continuel développement, en partie influencé par des possibilités nouvelles. Par exemple, les LED permettent un design absolument nouveau, plus de minimalisme, un design plus fin et des nouvelles formes. Un langage formel mince et linéaire que nous ne pouvions réaliser avant cela.

light11 : Vous disiez au début de notre conversation que la conception des luminaires était votre passion la plus grande. Est-ce que vous la décrieriez aussi comme le plus grand des challenges, si on compare cela aux autres objets que vous réalisez ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Dans un sens, oui. C’est surtout la LED qui a changé la façon de concevoir un luminaire. Quand on a commencé à travailler avec la technique LED, nous pouvions réaliser des formes complètement neuves – plus fines, plus planes, tout simplement différentes. Cependant, cela peut justement se révéler dans le futur un sacré challenge pour les designers. Les premières années avec la LED nous ont apporté toute une série de produits qui se ressemblent du point de vue de leur minimalisme. Beaucoup de ces luminaires comportaient des composants émotionnels propres aux luminaires, mais à un degré non satisfaisant, enfin à mon goût en tout cas.

light11 : Votre Alcatraz pour Artemide fonctionne avec la technique LED. Est-ce que vous aimeriez de nouveau concevoir un luminaire LED ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Oui, c’est mon sujet préféré. J’ai plusieurs fois exprimé ce vœu à Artemide. Vous savez, pour moi, concevoir des luminaires, c’est presque un besoin biologique (rire). Dès que j’ai eu l’occasion de concevoir Pirce et Alcatraz avec Artemide, la question ne m’a plus laissé en paix. Cela est même à l’origine de conflits, notamment avec ma femme qui n’est pas toujours enthousiaste à l'idée de me voir m’occuper des heures et des jours durant avec de nouveaux projets de luminaires.

« La majeure partie de mes objets préférés est née d’une émotion. »

light11 : Forme ou fonction ? Par laquelle des deux commencez-vous ?

Giuseppe Maurizio Scutellà (en riant) : Ça dépend en fait. Ce sont deux aspects qui doivent être pris en considération dès le début. Mes premières pensées sont naturellement : où sera placée la lampe ? Quel sera son but ? Bien sûr, la fonctionnalité, les utilisations possibles d’un luminaire, a son importance dès le départ.

Dans les autres cas, la forme indique une première idée. Beaucoup de mes idées personnelles sont le résultat d’une impression fuyante d’une forme, parfois seulement le résultat d’une ombre. Vous savez, quand je voyage et découvre des formes intéressantes ou bien des jeux de lumière et d’ombres surprenants, je me pose souvent la question de comment je pourrais reproduire cette forme, cet effet avec un luminaire ?

Pour moi, la forme autant que la fonction jouent un rôle, la forme cependant est plus souvent mon point de départ. La majeure partie de mes objets préférés est née d’une émotion. La forme naît donc avant la fonction. Je crois que cela provient de mon amour pour les arts visuels. Personnellement je ne fais pas énormément de différence entre les œuvres d’un designer et celles d’un artiste. Je remarque des relations directes entre ces deux domaines.
 

light11 : Votre première réponse évoquait l’Artemide Eclisse de Vico Magistretti. Quels sont les luminaires Artemide que vous préférez le plus ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Eclisse est magique, parfaite dans sa composition de formes et sa fonction, la Tolomeo est l’archétype de la lampe de bureau, Mesmeri est une sculpture murale, Empatia, Cadmo, Lesbo, Dinarco, Scopas et Talak – et bien sûr Pirce et Alcatraz.

light11 : vous avez collaboré à plusieurs reprises avec Artemide. Comment interprétez-vous le concept « The Human Light » ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Je pense que Pirce coïncide très bien avec ce concept. Ce n’est pas uniquement un produit design de plus, une chaise ou un bureau de plus. Pirce développe ses effets alors même qu’elle est éteinte. Et en l’allumant, elle prend vie, on peut vivre ce jeu d’ombres et de lumières transmis par l’objet même. Cela confère une nouvelle dimension au design, des émotions. Pirce est dans ce sens plus qu’un produit technique ou fonctionnel. Un luminaire devrait enrichir notre vie avec une bonne lumière et des émotions – c’est en tout cas ma propre définition de « The Human Light ».

Vous voyez, je suis aussi un grand ami des formes minimalistes et réduites, mais parfois ces objets ne transportent pas assez de sentiments à mon goût. L’éclairage est une question tellement émotionnelle, je dois tout simplement « charger » mes luminaires de sentiments.

 



light11 : Dites-nous en plus sur Pirce. Qu’est-ce qui vous a inspiré cette forme unique ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Elle représente mon attachement pour les arts visuels, et en particulier pour la sculpture. De prime abord, j’avais en tête une image visuelle sculpturale, une forme aux traits bien reconnaissables. Le luminaire devait être exceptionnel même en restant hors-service.

Dans le domaine de la conception des produits, les formes sculpturales ont toujours eu de l’importance pour moi. La chose est la suivante : un objet doit pouvoir être observé à 360° – il doit être beau de toute direction et de tout angle de vue. C’est ce que je voulais réaliser avec la Pirce qui peut être explorée de tous les côtés. En même temps, ses effets visuels changent en fonction du point de vue adopté.

« Les LED sont durables, efficaces et actuellement la meilleure solution pour émettre une bonne lumière à coûts écologiques faibles. »

light11 :
Êtes-vous ami avec les LED ? Personnellement, vous préférez la Pirce avec une ampoule classique ou avec une lumière LED ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : À tout point de vue ! Je crois qu’il est inimaginable de retourner à un état antérieur. Les LED sont durables, efficaces et actuellement la meilleure solution pour émettre une bonne lumière à coûts écologiques faibles. Lorsque Pirce est sortie en 2008, elle fonctionnait avec des ampoules halogènes – la meilleure option en matière de qualité de la lumière. En équipant Pirce de LED, pour tout vous dire, je n’étais pas du tout sûr que le résultat soit identique, que cela ne modifierait pas le caractère du luminaire. Cela s’est heureusement révélé faux. Chez moi, j’ai même déjà deux Pirce avec technique LED. Et je considère la qualité de lumière comme excellente. La LED est pour moi le futur de l’éclairage, quand bien même nous ne serions pas déjà en train d’observer, avec OLED, un nouveau candidat bien plus prometteur.

light11 : Y a-t-il un produit, un objet que vous vouliez depuis toujours concevoir ? Lequel et à quoi ressemblerait-il ?

Giuseppe Maurizio Scutellà : Je travaille en ce moment avec plusieurs entreprises issues de secteurs complètement différents, par exemple, je travaille toujours sur des accessoires pour la salle de bain ou la cuisine, sur des meubles et naturellement sur des luminaires qui sont incontestablement mon sujet de prédilection. Un jour, je voudrais concevoir une chaise, mais actuellement il me semble que toutes les chaises que j’ai l’occasion de voir sont vraiment plus belles que celles que je peux dessiner. Je crois que pour cela je dois encore attendre simplement que la bonne idée me vienne…

light11 : Monsieur Scutellà, nous vous remercions mille fois pour cet entretien intéressant.

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