Greta Grossman

*1906 †1999

À la redécouverte d’une des figures de proue du modernisme californien

L’œuvre de Greta Magnusson-Grossman, des classiques du genre, n’a été redécouvert que récemment. Cette Suédoise de naissance connut un grand succès en tant que designeuse et architecte respectée, des années 30 au début des années 60. Elle se révéla comme une des protagonistes du modernisme californien, mouvement qui fut en grande partie influencé par les principes du Bauhaus. Grossman réussit à se faire une place dans un domaine encore largement dominé par les hommes et conçut des objets qui, jusqu’à aujourd’hui, n’ont rien perdu de leur charme. C’est la raison pour laquelle la manufacture de design danoise Gubi décida de rééditer une série de luminaires et de meubles de cette designeuse décédée en 1999. Dans cette série, on compte le célèbre lampadaire Grasshopper, qui sait plaire par son élégance fine, et la lampe de table Cobra, dont l’abat-jour ressemble au cou étendu d’un cobra et qui fut pour cela primée de divers prix.

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Greta Grossman : réédition de classiques modernes

C’est complètement par hasard qu’Evan Snyderman, galeriste et négociant en objets design new-yorkais, découvre, en 1998, une table de travail qui fut créée par Greta Grossman, créatrice alors tombée dans l’oubli depuis presque 40 ans. Enthousiasmé par sa trouvaille, il résolut de remettre son œuvre sur le devant de la scène design. Et ce fut un succès indéniable. Depuis, les meubles et les luminaires de Grossman sont devenus des classiques modernes qui jouissent d’une renommée mondiale. S’y distingue particulièrement la série Cobra de Gubi, qui fut notamment récompensée, en 1950, par le MoMA de New York, d’un Good Design Award. Le signe distinctif de ces luminaires est un abat-jour en métal dont la forme reprend de façon typique l’allure du cou de ce serpent venimeux mis en situation de menace. Pourtant, le lampadaire Cobra ne présente aucun danger. Tout au contraire, son abat-jour fixé à un flexible assure un éclairage agréable, dans le sens où il n’éblouit pas, mais où il fournit une lumière localisée confortable. Grâce à la grande liberté de mouvement de sa tête, ce Cobra génère une lumière pratique exactement là où elle se trouve être nécessaire. C’est pourquoi ce lampadaire s’avère être une liseuse idéale, notamment à côté d’un fauteuil ou d’un canapé.
 

Greta Grossman : ses premiers succès et son déménagement en Amérique

Dès 1933, Greta Grossman connut une belle reconnaissance en Suède, son pays natal, après avoir été la première femme à avoir obtenu la 2e place dans la catégorie « meuble combiné » au célèbre Concours de design de la Stockholm Craft Association. À la même époque, elle ouvrit sa propre entreprise sous le simple nom de « Studio », situé sur la célèbre place Stureplan à Stockholm. En 1937, elle conçoit un berceau pour la princesse de Suède, Birgitta, ce qui ne manqua pas de renouveler l’intérêt que le public lui portait déjà. Elle décide de s’installer, en 1940, à Los Angeles en Californie, avec son mari Billy Grossman, célèbre musicien de jazz. À peine arrivée, elle y ouvre de nouveau un magasin spécialisé dans le mobilier suédois, les produits design et ses propres créations. Grossman commence alors à faire découvrir le « design scandinave » au public américain toujours plus demandeurs. Ses clients les plus célèbres seront Greta Garbo, Joan Fontaine et Gracie Allen. Avant elle, le design scandinave était pratiquement inconnu aux États-Unis. Ce n’est qu’en 1938, que les milieux américains commencent à être confrontés à l’influence du langage formel rationnel des pays d’Europe du Nord, notamment quand le légendaire Alvar Aalto crée, l’année suivante, le pavillon finlandais pour l’Exposition universelle de New York.


Greta Grossman comme designeuse et architecte du mouvement moderne californien

On vend communément les créations de Greta Grossman sous la désignation de « moderne californien » dont le style est défini comme une suite logique des principes du design rendus célèbre par le Bauhaus. Le design devrait toujours suivre les besoins de l’Homme et la façon concrète dont il vit. Les prescriptions arbitraires de certains styles doivent à partir de là appartenir au passé. Grossman admirait en effet les travaux de Walter Gropius et de Ludwig Mies van der Rohe, dont les créations étaient considérées par elle comme des modèles du genre. Elle décrit le design californien comme un « style non fermé qui est une réponse à la conjoncture présente. Il se développa en suivant nos propres habitudes de vie moderne ». Cela explique entre autres le scepticisme qu’elle développa à l’égard de ses collègues masculins qui pouvaient créer, par exemple, des cuisines sans n’avoir jamais mis les pieds dans cette pièce essentielle de la maison.

Le design de Grossman s’adapte aux besoins de l’utilisateur et non l’inverse. De ce point de vue, le lampadaire Grasshopper, dessiné en 1947, tout d’abord pour la Ralph O. Smith Company et réédité aujourd’hui par Gubi, est un des meilleurs exemples. Il est, avec ses 2,3 kg, particulièrement léger pour un lampadaire et peut être de ce fait déplacé confortablement d’un endroit à un autre. Cependant, le Grasshopper n’est pas dépourvu d’une assiette sûre, ses tubes métalliques, assemblés avec élégance, lui assurant un équilibre parfait. Ensuite, l’abat-jour métallique de forme conique peut être orienté avec aisance afin d’éclairer de sa lumière ponctuelle exactement là où c’est nécessaire. De même, la lampe de table Grasshopper se démarque par sa convivialité. L’abat-jour suit les formes de son aîné et se pose sur un support en aluminium élégamment laitonné en surface. En prenant le rôle de liseuse pratique sur le bureau, cette lampe sera également dans la pièce un bel objet distingué.

En plus de son activité comme designeuse, Greta Grossman se fit un nom dans le monde de l’architecture. Tout au long de sa carrière, on peut comptabiliser à son actif environ 14 maisons, toutes construites sur les collines de Los Angeles. Celles-ci, grâce à une structure de support ingénieuse, s’intègrent aux flans des falaises et offrent, au moyen de grandes baies vitrées, une vue imprenable sur la vallée et la côte. Leur intérieur est conçu de façon à s’adapter aux besoins de l’habitant. Pour ce faire, elle utilisa des matériaux modernes pour l’époque, comme le métal, le bois ou le plastique. Des éléments que l’on retrouve également dans une de ses célèbres créations, la suspension G10. Celle-ci se compose d’un abat-jour classique en aluminium dans lequel se trouve un diffuseur satiné qui est chargé de tamiser la lumière produite avec douceur. Par ailleurs, le cache-piton laitonné de cette suspension forme un contraste attrayant avec les couleurs intemporelles utilisées pour l’abat-jour.
 

Greta Grossmans disparaît de la scène publique

Greta Grossman fut, au début des années 60, une personnalité importante de la scène design californienne. De 1957 à 1963, elle enseigna comme professeure en design de mobilier à l’UCLA, et ceci jusqu’à la mort de son mari, date à laquelle elle décida de se retirer de la vie publique et de se consacrer à la peinture.
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